La pétanque au coeur du Périgord Noir PETANQUE SARLADAISE
La pétanque au coeur du Périgord Noir PETANQUE SARLADAISE
Francis, une photo avec cravate svp ! Merci.

Interview de Francis GARRIGUE par Jeff, mai 2012.    

 

Rappelle-nous le nombre de tes participations aux championnats de Ligue et de France.

35 participations aux divers championnats de France. De la catégorie cadet, en passant par les juniors, le tête à tête, la doublette, la triplette, le mixte, le corporatif et le provençal.

 



Est-ce qu’un titre t’a plus marqué que d’autres?

Bien sur. Le titre de vice-champion de France Doublette avec Dominique JOUBERT en 1983. Ce fût le point fort d’une saison exceptionnelle ou nous avons gagné des nationaux comme Libourne, Limoges, Figeac, Souillac et des places dans le carré final à Genève, Macon, Grenoble. Mais également un titre de champion départemental en Doublette mixte  avec mon épouse.

 

Francis Garrigue et l’EPP sont indissociables dans l’esprit des joueurs périgourdins. As-tu connu d’autres clubs que l’EPP ?

Mon père m’a fait prendre ma 1ère licence en 1967 au club de la Pétanque Périgourdine, puis à l’ASPTT Périgueux. Fin des années 70 au club de Saint Georges ou je deviens le Président en 1981. En 1983, avec la mairie de Périgueux, je monte le 1er national de Périgueux. Suite au résultat du national, nous créons le club de l’Entente Périgueux Pétanque. Puis le club de Marsac sur l’Isle (ou je résidais alors) et retour à l’EPP.

 

Gardes-tu le souvenir d’une anecdote  particulière dans ton parcours de joueur?

Le championnat de France doublette en 1983. Le mardi avant le championnat, une angine carabinée me clou au lit. Je demande à mon médecin un traitement de cheval pour pouvoir jouer le week-end suivant. Le jeudi soir je dis à Domi « je suis pas bien et je ne peux pas aller à Dunkerque ». Il me répond  « ce n’est pas grave je reste aussi, on ne part pas » Après mûre réflexion, je décide de partir quand même. Le trajet, long et fatiguant, me lessive complètement et j’arrive à Dunkerque avec plus de 40 de fièvre. Avec une bonne nuit de sommeil et beaucoup de transpiration, je me retrouve sur les terrains comme tireur et pendant la première partie, je frappe 14 boules sur 15 tirées. Puis les victoires se sont succédées. En quart de finale contre Marco FOYOT, arrivés à 10 à 9, Marcot nous dit « voici le moment que je préfère : les mènes de la peur » Je lui réponds « Tu sais nous, petite équipe de la Dordogne, nous sommes en quart de finale du championnat de France et nous avons fait 10 points contre le grand Marco FOYOT. Par contre toi, si tu perds contre nous !!!!! » Et nous avons gagné…Depuis nous sommes amis.

 

Dans quelle direction envisages-tu l’avenir ? Uniquement vers des fonctions de dirigeants ou bien espères-tu gagner encore quelques titres ?

Je me représente à la présidence du CD24 en fin d’année, puis à la Ligue d’Aquitaine. Mais, je suis candidat comme membre de la Fédération en janvier 2013. Si je suis élu à la FFPJP, je laisserai un peu la Ligue en ne gardant que la partie sportive. Pour la question joueur et titres, la place de Président pose beaucoup de problèmes, notamment sur les terrains ou les gens ne font pas la différence entre le joueur et le dirigeant. Mais pourquoi pas dans 5 ans avec les vétérans ?

 



En plus d’être un joueur d’excellent niveau, tu détiens une double présidence, celle du CD 24 et celle de la ligue d’Aquitaine. Tu occupes donc les bons fauteuils pour établir un état des lieux sur la situation actuelle de la pétanque et apporter ton ressenti sur son évolution. Alors, comment perçois-tu les mutations récentes et actuelles de la pétanque  (structures, comportement des joueurs, compétitions, place des médias et des sponsors…) ?

Je vais te répondre dans le désordre. Depuis que nous avons une Direction Technique Nationale, notre sport part vers le haut niveau. Nous travaillons avec la Fédération pour ne pas oublier les plus nombreux, c’est-à-dire les joueurs « Promotion » Je suis fier d’être à l’origine du championnat promotion en Dordogne puis à la Ligue d’Aquitaine. La suite logique était le championnat de France, chose faite en 2012. Une bonne chose pour un sport individuel comme le nôtre est la mise en place des championnats par équipes de clubs. Tout d’abord la coupe de France, et ensuite le CDC, CRC et CNC.A partir de 2012, le CRC féminin et le CNC féminin.

Je travaille avec un Monsieur extraordinaire à la commission de pilotage du CNC,Joseph CANTARELLI. Nous avons en quelques années étoffé notre CNC masculin et le départ des féminines en 2012 nous fait regretter de ne pas avoir le même engouement pour les 2 catégories jeunes (Benjamins et Minimes. Cadets et Juniors). Ces compétitions apportent un esprit club qui n’existait pas avant. On ne joue pas pour soi, mais pour toute l’équipe et le club.

 

Les sponsors sont nécessaires pour les clubs. Nous avons de moins en moins d’aide
de la part des collectivités territoriales et ce n’est pas près de changer. Il ne faut pas avoir peur de démarcher les sponsors, car notre discipline passe de plus en plus à la télévision et notre image change en bien. Les médias ne sont pas intéressés en Dordogne et même dans la Ligue. Nous sommes dans l’obligation de mendier pour avoir des reporters sur nos championnats ou concours. Et s’ils viennent, l’article est souvent mal écrit car la pétanque n’est pas porteuse en termes de vente de journaux. Les structures non couvertes sont nombreuses et bien gérées par les clubs. Le gros point noir est le manque cruel de boulodromes couverts dans le département. Il y a quelques années le maire d’une grande commune (Périgueux) avait un projet de boulodrome à 32 jeux règlementaires. Les votes des électeurs en ont décidé autrement…

 

Aujourd’hui, comment peut-on situer la place de la ligue d’Aquitaine au sein de la FFPJP ?

Le niveau de jeu de la Ligue d’Aquitaine est excellent. Surtout chez les jeunes. Depuis 10 ans nous formons de jeunes joueurs et joueuses qui arrivent dans les équipes nationales. Plusieurs titres de Champions d’Europe au palmarès de l’Aquitaine : Mathieu CHARPENTIER, Ludovic LABRUE, Jean FELTAIN, Mathieu ROGER, Nelly PEYRE. De nouveaux jeunes arrivent aux portes de l’équipe de France et nous pouvons en remercier les éducateurs qui ont fait et font encore un travail formidable.Bien sur le fait d’avoir des champions du Monde comme Didier CHAGNEAU et Thierry GRANDET motive la jeunesse. Les divers titres de Champion de France apportent beaucoup à notre Ligue. La Ligue d’Aquitaine est toujours à la pointe en matière de formation, nous servons d’exemple. La DTN demande énormément aux éducateurs de la région. Notre Ligue est la 5ème Ligue Française et nous sommes respectés par nos collègues des comités et des Ligues. Comme je l’ai dit précédemment, nous sommes les premiers à avoir mis en place le championnat de Ligue Promotion. Notre expérience a permis à la Fédération de créer le Championnat National. Nous avons toujours eu un représentant de la Ligue à la FFPJP.

 

Et celle du CD 24 au sein de la ligue ?

Notre niveau est bien inférieur à celui de la Ligue. Nous nous en rendons compte lors des championnats de Ligue. Peu de titres chez les seniors masculins. Nos rares titres de Champions de Ligue sont en féminines et jeunes. Bien sur quelques exceptions avec la doublette mixte et les vétérans cette année. Le comité de la Dordogne manque de jeunes. Surtout chez les juniors. La Dordogne est un petit département, mais nous sommes connus grâce à Jean CAMPO. Quelques jours avant son décès, Jean m’a demandé un rendez-vous pour un projet qui lui tenait à cœur. Malheureusement, nous n’avons pas pu nous rencontrer.

 

Est-ce- que les feuilles de route que tu t’étais fixées au début de tes mandats ont été respectées ? Quels sont les chantiers encours ?

Ma feuille de route ? Mais je n’ai pas eu de feuille de route, du moins au début. Appelé par Jean-Claude LACHAIZE en 2002, je devais donner mon avis sur les championnats départementaux. Puis mon domicile étant près du site du championnat de France féminin 2003, Jean-Claude m’a demandé de prendre la direction des terrains. Après ce fût la place de secrétaire- adjoint puis secrétaire général et Président après le départ de Ludwig VINCHES. La Ligue n’était pas mon but, mais à la demande de certains membres de la Ligue, j’ai accepté le poste. Maintenant c’est la Fédération qui me propose de rentrer dans la composition du bureau Fédéral. La grande priorité était la trésorerie : chose faite, nos comptes sont stabilisés. Les jeunes : manque encore d’éducateurs et de participants lors des championnats départementaux. Les arbitres : nous avons recruté un certain nombre d’arbitres, mais le district Sarladais et le district Nontronnais sont dans le rouge.

Les chantiers en cours sont peu nombreux. Pas la peine de partir dans tous les sens
pour ne rien faire. Nous préparons déjà le championnat de Ligue triplette en 2014 et nous souhaitons organiser un championnat de France. En parlant de chantier, le seul que j’aimerai voir démarrer est celui d’un boulodrome couvert en Dordogne.

 

On entend parfois des joueurs du CD 24 souhaiter que les qualifications de ligue soient plus sélectives avec pour objectifs avoués de qualifier  exclusivement des équipes reconnues. La conséquence serait de fermer la porte à celles de niveau inférieur alors que parfois elles gagnent une participation aux phases finales et cette possibilité représente un point important pour la majorité des joueurs. Est-ce que le souhait (légitime) de rivaliser au mieux avec les autres départements doit passer par la mise à l’écart de certaines catégories de joueurs ? Et que pourrait-on proposer en compensation ? Dans une époque ou le nombre de licenciés est à la baisse…

Faire de l’élitisme serait à mon avis une grossière erreur. Nous avons essayé il y a quelques années une qualification en triplette senior sur 3 championnats. Ceci pour que les meilleurs équipes soit qualifiées à la Ligue. Le résultat final n’a pas été concluant. Le grand rassemblement du mois de mars est incontournable. Avec plus de 600 joueurs, cette journée est attendue par tous nos licenciés. D’autre part, nous n’avons pas assez de dates pour faire 3 qualificatifs. La
baisse des licenciés est en partie due aux différences de niveaux de jeux. Les moins forts n’y trouvent pas leur compte. Gagner de temps en temps, donne l’envie de continuer. La mise en place de différents championnats promotions serait peut-être la solution.

 

Le président de la FFPJP, Alain CANTARUTTI, disait récemment dans une interview « celui qui participe au CDC dans la plus petite des divisions, c’est pour moi de la pétanque loisir » Ou commence pour le compétiteur que tu es la pratique de la pétanque comme discipline sportive et de compétition?

Notre discipline est pratiquée par plus de la moitié des Français. En famille, en vacances, lors de rencontres entre amis et dans les compétitions officielles. Les
petits concours et les « petites divisions » du CDC, sont des niveaux de débutants. Il faut bien démarrer un jour. Quand on commence le rugby, on ne participe pas au tournoi des 6 nations la première année. Un joueur doit faire ses preuves. Le Championnat Départemental des Clubs est une compétition qui plait, justement grâce aux différents niveaux. Les « petits clubs » jouent entre eux et il y a des vainqueurs qui montent en divisions supérieures. C’est le même principe dans tous les sports. La vraie compétition démarre quand on joue tous les week-ends en concours régionaux, nationaux, et que l’on participe à tous les championnats, avec l’espoir d’une qualification. La pétanque est un sport pour tous. Le Provençal est plus difficile à pratiquer par les novices.

 

Merci Francis. Avec bien d’autres certainement, La Pétanque Sarladaise te souhaite bon vent au sein du comité directeur de notre fédération, nouvelle étape d’une carrière déjà bien étoffée (NB Francis sera élu au comité directeur de la FFPJP en janvier 2013)

 

 

 

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