La pétanque au coeur du Périgord Noir PETANQUE SARLADAISE
La pétanque au coeur du Périgord Noir PETANQUE SARLADAISE
Sculpture en plâtre réalisée pour le club par l'artiste sarladaise Josy GAULTHIER.

 

 

 

 

 

 

ET POUR DAME FANNY, QUE DIT L'ETHNOLOGUE ?

Avec les complicités involontaires d’Yvan AUDOUARD, de MEROU et de FOUSKOUDIS. Qu’ils en soient ici remerciés.

 

Car enfin la Fanny qu’est-ce ? Soyons simple : le cul. Le cul des dames bien entendu. Il ne faut cependant voir là aucun racisme sexuel. C’est un fait : quand un joueur de boules est battu par 13 à 0 il est condamné à « baiser » les fesses d’une dame soulevant ses jupes.



Un rituel complet.

Il y a là une humiliation épouvantable, insupportable, inhumaine. Fanny rappelle aux adeptes de la boule qu’ils ne pratiquent pas seulement un sport mais qu’ils affrontent leur destin. En embrassant Fanny, c’est bien l’humiliation qui sanctionne la défaite absolue dans le lieu même ou la joie de vivre a coutume de dresser son autel. On fait chapeau bas. On s’agenouille et pour pénitence, on pose parfois les genoux sur ses boules ! Enfin on baise l’idole.

La Fanny, c’est cette paire de fesses que l’on ne choisit pas.

Puis souvent on partage le vin fraternellement, sans oublier l’obole déposée précieusement dans le tronc de la communauté, pour des agapes ultérieures...

Car il y a toujours un après. L’humiliation n’est pas la mort. Et chaque nouvelle partie engagée donne l’occasion d’affronter à nouveau son destin. Comme une régénérescence perpétuelle. Telle est la destinée du joueur de boules…



Les origines.

Version 1 : Lyon, 1878. On est en fin de siècle et la vie quotidienne à la Croix-Rousse est une vie de quartier dans une ambiance de village, un lieu peuplé de canuts qui cherchent à combattre la dureté de leurs conditions de vie en multipliant les occasions de fêtes et d’amusements.

Fanny DUBRIAND était une fille à l’esprit faible, une pauvresse qui passait parfois ses nuits dehors et qui se tenait principalement près des joueurs de boules du Clos Jouve. Elle montrait avec complaisance tout ce que le bon Dieu lui avait donné et cela pourvu qu’on lui fît un petit cadeau.

Lorsqu’un joueur avait perdu une partie sans marquer un point, il devait voir la Fanny et cette pénitence était considérée comme un gage. C’est alors que Fanny, après avoir exigé le paiement (un sous) exhibait au regard du perdant la partie la plus charnue de son anatomie mais si rapidement que la vision était fugitive, aussi rapide que l’éclair.



Mais jamais les joueurs n’auraient voulu l’embrasser parce que cette fille n’était guère engageante avec sa mise négligée et sa coiffure échevelée.

A l’aube de la trentaine, Fanny termina ses jours à l’hospice. C’est alors que les joueurs du Clos Jouve pour continuer la plaisanterie imaginèrent la nouvelle expression d’embrasser ou baiser la Fanny. La diffusion de cette expression fût facilitée par le fait que près du Clos Jouve se trouvait un champ de manœuvres où militaires originaires de toutes les régions françaises se croisaient.



Ils ramenèrent chez eux cette nouvelle coutume et remplacèrent la vraie Fanny par des images représentant au mieux le bas d’un dos féminin.

Version 2 : Quand la récompense devient humiliation.

Et si la Fanny originelle avait été serveuse au café de Grand-temps quelque part en Savoie, dans les années 1910 ? Il se dit ici que par sa gentillesse, Fanny se laissait embrasser sur la joue par les joueurs de boules qui venaient de perdre sans avoir marqué un seul point. Jusqu’au jour ou le maire vint demander sa récompense. Alors Fanny grimpa sur une chaise, releva ses jupes et présenta ses fesses à l’élu. Le maire ne se laissa pas impressionné et fît deux baisers sur les rondeurs ainsi offertes. Fanny avait-elle quelques griefs à l’encontre de l’édile ? A-t-elle voulu l’humilier ? Nul ne le sait plus.

C’est ainsi que commença une tradition…



…mais depuis quelques décennies, les boulistes poussés par les instances officielles font tout pour devenir de vrais sportifs et pour développer le sport boules au féminin. Alors ce n’est pas forcément évident de s’encombrer d’une femme de petite vertu, d’un passé et d’une tradition…



Et vous, qu'en pensez-vous?

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